Publié le Mercredi 25 Mai 2011 à

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Les chansons en français et en néerlandais bannies du métro de Bruxelles pour cause de querelle linguistique

Rédaction en ligne

Jacques Brel a donné son nom à l’une des stations du métro de Bruxelles, mais ses usagers ne sont pas près d’entendre “Le Plat pays” ou “Les Flamandes” sur les quais du réseau, où les chansons en français, mais aussi en néerlandais, ont été bannies.
A. De Cremer

A. De Cremer

En février, la société gestionnaire des transports en commun bruxellois (Stib) avait décidé de diffuser dans ses 69 stations de la musique sélectionnée sur la base des hit-parades internationaux, largement dominés par la variété anglo-saxonne.

En avril, elle a toutefois diffusé quelques morceaux en français, mais elle a “reçu des dizaines de plaintes demandant pourquoi elle ne passait pas également des chansons en néerlandais”, a expliqué mercredi dans le journal flamand De Morgen une porte-parole de la Stib, An Van Hamme.

“Mais c’est simplement parce que ces morceaux en néerlandais ne parviennent pratiquement jamais à intégrer les hit-parades”, explique la porte-parole.

La Stib a donc décidé de bannir purement et simplement les chansons en français et en néerlandais, pourtant les deux principales langues du pays.

Les clients de la Stib, qui vivent dans une ville officiellement bilingue mais où les francophones sont largement majoritaires, seront donc abreuvés de variété anglo-saxonne (70%), espagnole et italienne (15% chacune) jusqu’à 21H00, moment où la musique classique prend le relais.

Les artistes francophones ou néerlandophones pourront néanmoins voir leurs oeuvres diffusées, “à condition qu’elles soient chantées en anglais”, explique Mme Van Hamme.

La question linguistique reste très sensible en Belgique, où les partis flamands et francophones ne sont toujours pas parvenus à former un nouveau gouvernement, près d’un an après les élections législatives du 13 juin 2010.

La moindre entrave à la très pointilleuse législation sur l’usage des langues, par exemple dans l’accueil des personnes dans les hôpitaux bruxellois ou dans la composition des cadres de l’armée, peut déclencher une vive polémique.

A Bruxelles, pour ne vexer personne, la Stib diffuse ses annonces aux voyageurs d’abord en néerlandais dans certaines stations et d’abord en français dans d’autres.

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