Publié le Mercredi 19 Octobre 2016 à

Régions

Braquages en série dans la région de Charleroi: la défense évoque des «couacs» dans l'enquête et demande des vérifications

Rédaction en ligne

Le tribunal correctionnel de Charleroi a poursuivi mercredi l’examen du dossier d’une dizaine de braquages commis notamment dans l’arrondissement de Charleroi. La défense a soulevé de nombreuses interrogations qui ont amené le tribunal à réclamer des devoirs complémentaires au parquet.

Maxime Gdalewitch

Les enquêteurs avaient permis d’aboutir à l’inculpation de sept suspects impliqués à différents degrés de gravité dans des agressions qui ont visé des magasins Colruyt, Carrefour Market, Proxy Delhaize, Intermarché et Lidl. Lors de la précédente audience, le parquet avait estimé les faits établis et requis des peines de 3 à 10 ans.

Défenseur d’Abdelrani L., Me Mayence a combattu mercredi les différents éléments qui accablaient son client, à propos du braquage commis en 2015 au Carrefour Market de Leval. Il a évoqué ce qu’il a estimé être des éléments contredits par le dossier. Ainsi, la veste «doudoune» munie d’un col en fourrure portée par un agresseur ne correspond pas avec la veste retrouvée en perquisition. De plus, sa couleur n’est pas celle qui apparaissait sur la vidéo de contrôle alors que le préjudicié avait proposé aux enquêteurs de prendre leurs dispositions pour la copier. Les seules prises de vue d’écran ne permettent pas de préciser la couleur de cette veste.

De plus, pour Me Mayence, la description de l’agresseur ne correspond pas, en taille et en corpulence, à celle de son client.

Les écoutes téléphoniques captées dans la voiture d’un co-prévenu et auxquelles Abdelrani aurait pris part ont également été mises en doute par le défenseur. Il a indiqué qu’il avait demandé à l’époque le recours à un expert qui permette son identification formelle, ce qui lui a été refusé. Dans le même temps, il existe deux PV différents à propos de cette voix, l’un affirmant que cette voix est bien la sienne, l’autre beaucoup moins formel.

Enfin, l’avocat a mis en exergue une impossibilité de timing, selon lui. La voiture du suspect avait été prise en filature, une filature perdue en cours de route, à Farciennes. Dès ce moment, a avancé l’avocat, il était impossible que son client fasse l’aller-retour jusqu’à Leval, jusqu’au moment où la voiture a à nouveau été repérée.

Le président du tribunal a demandé au parquet de lui fournir, sous huitaine, réponse aux questions que posent ce timing, cette identification vocale et cette couleur de veste, en regrettant que «sous prétexte d’avoir voulu gagner du temps pendant l’instruction, on en perde aujourd’hui».

Prochaine audience le 26 octobre.

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