Publié le Lundi 13 Mars 2017 à

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Poursuivi devant le tribunal pour avoir chassé des Pokémon dans… une église

Afp

Le procès d’un blogueur russe poursuivi pour avoir chassé des Pokémons dans une église et en avoir tiré une vidéo diffusée sur Internet a débuté lundi à Iekatérinbourg, dans l’Oural (Russie).


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Photo News/Reuters/Ricardo Moraes

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Rouslan Sokolovksi, 22 ans, risque jusqu’à sept ans de prison pour incitation à la haine et insulte à l’égard des sentiments religieux des croyants. Cette affaire fait écho à celle des Pussy Riot, ces jeunes femmes condamnées à deux ans de prison pour une « prière punk » en 2012 contre Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. « Je n’avais pas l’intention d’offenser qui que ce soit », s’est défendu le jeune homme devant le tribunal, ajoutant être prêt à s’excuser, selon une retransmission de son procès diffusée par la chaîne russe Life News.

Plaidant non coupable, Rouslan Sokolovski a ajouté avoir diffusé une video sur YouTube « dans un but critique et polémique ».

Athée revendiqué, et ulcéré par une émission télévisée expliquant qu’il était juridiquement risqué de jouer à Pokémon Go dans une église, il avait choisi de s’y essayer l’été dernier dans la cathédrale de Iekaterinbourg, construite sur les lieux de l’exécution en 1918 du dernier tsar de Russie Nicolas II et de sa famille.

Il s’y était filmé attrapant plusieurs créatures virtuelles, y compris durant un office, avec en bande-son une musique reprenant une fausse prière ponctuée de jurons. Il était ensuite sorti de l’église en disant regretter « n’avoir pu attraper le Pokémon le plus rare de tous : Jésus ».

Publiée le 11 août sur YouTube, la vidéo avait été visionnée plus de 1,6 million de fois. L’Église orthodoxe russe a accusé le blogueur de blasphème.

« Je n’ai pas demandé aux gens de regarder mes vidéos », a déclaré le jeune homme lors d’une pause dans son procès. « Qui est l’Église orthodoxe pour que j’aie à me repentir devant eux ? », a-t-il ajouté, selon les médias russes.

Assigné à résidence au moment de son inculpation, début septembre, il a ensuite été incarcéré pour n’avoir pas respecté les conditions de son assignation.

L’ONG Amnesty International a appelé la Russie à relâcher immédiatement le blogueur, le qualifiant de prisonnier d’opinion.

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