Mis à jour le Samedi 1 Décembre 2012 à

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Football - Jean Marie Raucq: “ Les yeux du foot ”

Rédaction en ligne

Chaque samedi, Jean-Marie Raucq vous donne rendez-vous dans les pages sportives de La Meuse Liège pour vous livrer son regard décalé. Cette semaine, le coach de Cointe vous donne exceptionnellement rendez-vous sur le net pour sa rubrique.
 Van Ass

Van Ass

Un petit gars qui vivait seul avec sa mère. Bien que son fils soit souvent assis sur le banc, sa maman est toujours dans les tribunes pour lui. Elle ne manquait jamais un match. Au début, il était encore le plus petit de son équipe et sa mère, tout en continuant à l’encourager lui fit comprendre qu’il n’était pas obligé de jouer au football s’il ne voulait plus jouer. Mais comme il adorait, il décida de continuer.

Il était bien décidé à faire de son mieux et espérait qu’on finirait par le laisser jouer un jour. Tout au long de sa saison, il n’a jamais manqué un seul entraînement ou match, mais dut se contenter du banc. Fidèlement, sa mère était toujours dans les gradins et avait toujours des mots d’encouragement pour lui. Lorsqu’il fit son entrée dans l’équipe supérieure vue son âge, il décida de s’accrocher afin d’être accepté. Tout le monde était certain qu’il ne serait jamais accepté, mais il réussit. L’entraîneur admit qu’il le gardait sur la liste parce qu’il participait de tout son cœur à chaque rencontre, ce qui, par le fait même, avait un effet motivateur sur ses coéquipiers. Lorsqu’il apprit qu’il avait été accepté, il fut tellement content qu’il courut au téléphone le plus près pour l’annoncer à sa mère. Elle partageait son enthousiasme et reçut des billets de saison pour tous les matches de l’équipe. Ce jeune tenace ne rata aucun match au cours de ces quatre années, mais ne fut jamais appelé à jouer un seul. C’était maintenant la fin de la saison et comme il arrivait sur le terrain en courant, quelque temps avant un match important l’entraîneur vint à sa rencontre, son GSM à la main. Le jeune lut le SMS reçut et devint silencieux. Une grosse boule lui nouait la gorge lorsqu’il annonça à son entraîneur: ”Ma mère est décédée ce matin. Est-ce que je

peux manquer la rencontre aujourd’hui? ” L’entraîneur posa doucement son bras autour de ses épaules et lui dit: “ Prends congé pour le reste de la semaine. En fait, tu n’as même pas besoin de revenir pour le match samedi prochain. ”

Le samedi suivant, le match ne se déroulait pas bien du tout. En seconde mi-temps, alors que l’équipe se traînait filant vers la défaite, un jeune homme silencieux se faufila dans le vestiaire et revêtit son équipement. Lorsqu’ils le virent arriver en courant, l’entraîneur et les coéquipiers furent abasourdis de le voir de retour si tôt. “ Entraîneur, s’il vous plaît, laissez-moi jouer. Je dois absolument jouer aujourd’hui. ” Lui dit-il. L’entraîneur fit semblant de ne pas l’avoir entendu. Il était hors de question qu’il fasse jouer son pire joueur dans un match aussi crucial. Mais le jeune insista et finalement, ayant pitié de lui. Le coach accepta. “ OK, tu peux y aller. ” Quelques minutes plus tard, l’entraîneur, les coéquipiers et tous les spectateurs dans les gradins n’en croyaient pas leurs yeux. Ce jeune inconnu, qui n’avait jamais joué auparavant, faisait exactement tout ce qu’il fallait correctement. L’équipe adverse n’arrivait pas à l’arrêter. Il courut et dribbla comme une étoile. Son équipe remontait la pente. Jusqu’à...égaliser complètement dingue. Dans les dernières minutes, il reçut un ballon et courut sans s’arrêter et marqua le goal de la victoire. Les spectateurs restaient pantois.

Ses coéquipiers le portèrent sur leurs épaules. Des applaudissements comme on en n’avait jamais eu. Finalement, une fois que la tribune vide, et que les joueurs eurent pris leur douche et quitté le vestiaire, l’entraîneur remarqua Le jeune homme assis en silence dans un coin.

Il lui dit: “ Fiston, je n’arrive pas à y croire. Tu as été fantastique. Dis-moi ce qui t’est arrivé? Comment as-tu fait?

Les yeux remplis de larmes, il regarda l’entraîneur et lui dit: “ Vous savez que ma mère est décédée cette semaine, mais saviez-vous qu’elle était aveugle? ” Il avala avec difficulté et s’efforça à sourire:

“ Ma mère est venue à tous mes matchs, mais aujourd’hui, c’était la première fois qu’elle pouvait me voir jouer et je voulais lui montrer que j’étais capable de bien jouer.

Passez un bon samedi et n’oubliez pas que de là-haut on vous regarde...

Je dédie mon texte avec beaucoup d’émotion à mon ami Georges Radoux mais surtout à sa famille à qui je pense profondément.

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