Publié le Mercredi 6 Septembre 2017 à

Culture > Cinéma

Antonio Banderas au 43e festival de Deauville: "Le cinéma, c'est un peu comme une jolie femme: il arrive qu'on ait envie d'autre chose"

Au Festival de Deauville, Pierre Germay.

A sa naissance, un jeune garçon a reçu assurément un don, à savoir une voix exceptionnelle, mais aussi un handicap, celui d’être presque aveugle. A force de travail et de persévérance, notamment sous les conseils d’un grand ténor, il finit par connaître le succès.

AFP

« La musique du silence » c’est, en fait, l’histoire vraie du ténor italien, Andrea Bocelli, que des producteurs italiens ont choisi d’adapter au cinéma au départ d’un livre que le chanteur a lui-même écrit. Ils en ont confié la réalisation au cinéaste anglais Michael Radford (« 1984 », « Il Postino », « Le casse du siècle »).

C’est un acteur anglais peu connu et non présent à Deauville, Toby Sebastian, qui incarne Andrea Bocelli (nommé Amos Bardi dans le film), et Antonio Banderas (le Zorro le plus connu du cinéma) qui campe le ténor maestro qui aidera son brillant élève à atteindre les sommets.

Ce mélange de cinéma et de musique, c’est précisément ce qui a plu au réalisateur Michael Radford, comme il l’a expliqué en conférence de presse : « Je n’avais aucun autre projet en cours quand les producteurs m’ont rencontré. Je me suis tout de suite mis à écrire le script. Comme le contact avec eux était bon, que les acteurs choisis étaient très bons aussi, il ne me restait plus qu’à dire moteur/action, puis cut à la fin de chaque scène ! ».

Plus sérieusement, le réalisateur anglais explique ensuite son rapport personnel à la musique : « J’aime la musique. Je pense que si j’avais su jouer du piano, je n’aurais pas fait de films. J’ai une relation très forte avec la musique, elle parle à mon âme. Cette combinaison musique et images crée des sensations que je n’avais encore jamais ressenties. La musique est l’âme du film. Et quand on voit que ça fonctionne, c’est génial ».

C’est donc Antonio Banderas qui interprète à l’écran celui qui aidera le jeune ténor à surmonter son handicap pour atteindre les sommets. Transmettre son savoir, c’est précisément quelque chose que l’acteur fétiche d’Almodovar aime particulièrement. Lui aussi présent à Deauville, il s’en explique : « Mon personnage doit aider le jeune chanteur à dépasser ses peurs et à atteindre ses objectifs. C’est en fait le parcours de tout artiste qui veut progresser et arriver tout en haut, au sommet de son art. Comme souvent dans les films d’Almodovar, mon personnage a un côté un peu paternaliste. Il arrive tard dans le scénario, c’est quelque chose dont on a beaucoup discuté avant le tournage. Mais j’aime l’idée de cette transmission de mon expérience ».

Expérience qu’Antonio Banderas transmet aussi dans sa ville de Malaga, en Andalousie : « J’y développe un projet autour d’un théâtre. J’aime beaucoup le théâtre. Le cinéma, c’est un peu comme une jolie femme : il arrive qu’on ait envie d’autre chose. Comme moi-même quand j’étais jeune et qui ai appris mon métier dans un théâtre, sorte de laboratoire, j’aime transmettre aux jeunes comédiens de ce théâtre le fruit de mon expérience. Et la reconnaissance qu’on en reçoit par après, ça donne beaucoup de satisfaction, c’est aussi quelque chose d’agréable ».

Seul regret, mais il est de taille : production et diffusion internationales obligent, le film a été tourné et est projeté en version originale en anglais. Voilà qui empêche de vraiment croire en cet Andrea Bocelli de cinéma qui parle anglais avec un accent italien forcé ! La frustration n’en est que plus grande quand, à la fin du film, on entend la voix du vrai Andrea Bocelli, en italien.

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