Publié le Jeudi 12 Janvier 2012 à

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Foot (D.3): Enrico Bove, le président de l'Union, revient sur la saison et l'aspect financier du club

Rédaction en ligne

Depuis son entrée en fonction à l’Union, jamais sans doute le président Bové n’avait connu une période aussi agitée. Entre la grève des joueurs qui avait précédé le match à Tamise, les joueurs poussés vers la sortie, les nombreux départs, et les rumeurs alarmistes sur la situation financière du club, le président du matricule 10 nous a accordé un long entretien.
Le président saint-gillois se montre rassurant quant à l’avenir financier du club.

Le président saint-gillois se montre rassurant quant à l’avenir financier du club.

>Président, les supporters du club se posent des questions sur les finances du club. Êtes-vous aussi inquiet qu’eux?

Pas du tout. Notre plus grand problème est le manque de trésorerie car nous n’avons pas d’autres choix que d’utiliser nos rentrées quotidiennes pour apurer les dettes du passé ce qui explique les retards de paiement qui avaient abouti à la grève des joueurs. Le club a vécu au-dessus de ses moyens pendant longtemps et il faut bien que nous effacions l’ardoise.

>Un scénario du type Hasselt est-il à exclure?

Notre objectif est de remettre les compteurs à zéro pour le mois de juin et nous y arriverons. Quand ce sera le cas, nous pourrons gérer le club sans regarder vers le passé.

Le départ de Saoudi et la poussée vers la sortie de Penga et Bosak posent quand même question...

Je n’ai pas compris moi-même le départ de Saoudi. Quant à Penga et Bosak, il s’agit d’un choix sportif...

>Le bilan comptable annuel de la coopérative Union Saint-Gilloise fait pourtant état d’un passif de plus de deux millions d’euros!

C’est exact mais il s’agit des dettes cumulées que nous comptions au mois de juin. Nous avons déjà apuré une partie de ces dettes et nous attendons encore différentes rentrées d’argent.

>De quelles rentrées parlez-vous?

D’une part du montant des factures que notre ancien sponsor n’avait pas honoré et pour lequel nous avons obtenu gain de cause. D’autre part, nous attendons le paiement d’une somme du club italien avec lequel nous collaborions pour le prêt de joueurs. Enfin, il y a le dossier Ogu. Ce joueur avait signé un contrat chez nous avant de disparaître. Nous nous sommes ensuite rendu compte qu’il jouait pour un club portugais et il s’est avéré que l’Union Belge l’avait libéré sans nous consulter. Or ce joueur est aujourd’hui évalué à un million d’euros. Je ne dis pas que nous l’aurions vendu pour ce prix mais...

>Comment expliquer qu’un tel passif se soit constitué?

Quand j’ai accepté de devenir président, il a fallu faire avec les joueurs en place. Or, rien que les joueurs extra-communautaires nous coûtaient 75000 euros par an ce qui est inconcevable pour un club de D.3. Dans ces conditions, il est normal que l’apport des investisseurs italiens ait flambé.

L’arrivée de joueurs comme Yanis Papassarantis, David Triantaffilidis, ou de Pieter-Jan Van Oudenhove datent quand même de votre présidence. Or, de tels joueurs coûtent cher...

Pour prendre le cas de Yanis, le salaire avec lequel il a commencé chez nous était très bas mais après sept mois, plusieurs clubs se sont intéressés à lui et on m’a convaincu de lui offrir un contrat qui est hors-norme pour la D.3.

>En tant que président pourquoi ne pas avoir opposé votre veto?

N’oubliez pas que Michele Dal Cin est en charge du sportif. Je ne suis pas un président autocratique et opposer mon veto aurait entraîné un conflit. Or, il est impossible de travailler dans de telles conditions. Il n’y a qu’aujourd’hui que j’ai imposé une ligne drastique car nous n’avons plus le choix. Les Italiens l’ont bien compris et se sont rangés à cette décision.

>La nouvelle politique du club consiste à miser sur les jeunes du cru. Etes-vous satisfait du temps de jeu accordé aux jeunes du groupe élite?

À part Brakman qui s’est forgé une place dans le noyau, et Bah, il faut avouer qu’on peut faire mieux. Notre objectif est de constituer un noyau avec du local et avec une moyenne d’âge d’environ 22 ans moyennant trois ou quatre joueurs d’expérience pour encadrer les jeunes. Il est en tout cas acquis que nous n’accueillerons plus de joueurs venant d’Italie. Par ailleurs, nous avons décidé avec Marc Wuyts que le noyau élite serait composé d’éléments de 16 à 19 ans. Au-delà, les joueurs devront être capables d’intégrer le noyau A ou nous leur donnerons leur bon de sortie. Nous avons d’ailleurs pris la décision de laisser partir plusieurs éléments pour cette raison.

>Dante Brogno est-il l’entraîneur idéal pour mener une telle politique?

Il dispose du diplôme UEFA A et est professionnel mais comme tout entraîneur, il veut obtenir les meilleurs résultats possibles. Je lui ai répété à plusieurs reprises que cette politique était la seule viable pour la survie du club. Je pense que le message est passé.

>Doit-on s’attendre à une grande lessive à la fin de la saison?

Nous ne chasserons personne mais ceux qui décident de rester le feront avec un contrat de D.3.

>Les ambitions seront-elles revues à la baisse?

Quand on décide de miser sur les jeunes, il faut pouvoir se montrer patient mais ce n’est pas pour autant qu’il faut manquer d’ambition.

>Est-il concevable que l’Union termine la saison avec une équipe de jeune pour limiter les dépenses?

Dante Brogno est le patron sportif et de toute façon, prendre 70 ou 50 points ne changera rien puisque tous les joueurs disposent d’un fixe et que nous avons supprimé les primes de victoire

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