Bastogne: tiger-kidnapping à la bijouterie Collard

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C'est un tiger-kidnapping qui a eu lieu ce matin à la bijouterie Collard de Bastogne, en plein centre-ville. Selon nos informations, quatre hommes cagoulés ont agressé tôt ce matin le couple de bijoutiers à leur domicile de Savy. Le couple a été attaché.
Rédaction en ligne
Publié le Jeudi 23 Février 2012 à 00
Rien n'a donc été volé. Mais le bijoutier a été blessé. Il souffre d'une fracture du bras et a été hospitalisé.
Voici une interview, réalisée en 2010, de Christine Collard, de la bijouterie Collard de Bastogne. En 2010, son magasin avait déjà été cambriolé à plusieurs reprises. Et elle s'exprimait dans nos éditions:
Avez-vous déjà dû faire face à un braquage?
"Au mois d’avril 2009, nous avons eu une attaque de nuit. Quatre hommes ont démoli la vitrine à coups de pioches et de masses. Nous étions juste au-dessus de la bijouterie. Nous avons appelé la police, mais les braqueurs s’en fichent, ils sont masqués et gantés.
Ils ont réussi à voler pour environ 10.000 €. Au mois de juin 2009, également, des hommes sont rentrés dans la boutique, ils ont bousculé ma mère et ont emporté pour 25.000 euros de chaînes.
Estimez-vous faire un métier dangereux?
Oui, tout à fait. Nous avons une maison, mais nous logeons presque tout le temps dans l’appartement, au-dessus de la bijouterie. Nous vivons continuellement dans le stress. Quand le téléphone sonne, la nuit, on se dit, ça y est, c’est l’alarme. On ne sait jamais ce qui va arriver. Nous mettons toujours des véhicules différents, devant la bijouterie, ainsi que devant notre maison, afin qu’on ne sache pas où on est. Nous devons constamment penser à la sécurité et parer à toute situation. Quand on se lance dans le métier de la création de bijoux, on ne s’attend pas à devoir faire face à ce genre de choses.
Comment protégez-vous le magasin et assurez-vous votre propre sécurité?
Il y a tellement de possibilités d’être braqué qu’on élabore des plans, c’est certain, mais c’est toujours quand on s’y attend le moins que ça arrive. Désormais, il faut déjà sonner, pour rentrer dans le magasin. S’ils ont un casque de moto ou un masque, on n’ouvre pas. Mais évidemment, on ne peut pas ouvrir uniquement aux gens que l’on connaît. On réfléchit à l’installation d’un sas de sécurité dans l’entrée, qui se bloque s’il y a la présence d’une arme. C’est déjà un bon moyen d’éviter de se faire braquer le jour. Nous avons aussi d’autres systèmes de sécurité. Nous investissons chaque année, car les techniques des braqueurs évoluent constamment.
Avez-vous une arme, dans la bijouterie?
Nous ne sommes pas armés, car c’est trop dangereux. S’ils savaient que nous étions armés, ils viendraient avec plus de moyens et de vraies armes, au lieu d’armes factices. Il y a une escalade dans la violence.