Mis à jour le Dimanche 3 Mars 2013 à

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Genappe: Les défenseurs du patrimoine contre-attaquent pour sauver la Ferme des Quatre Bras

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La décision du fonctionnaire délégué de la Région wallonne d’accorder un permis de démolition de la Ferme des Quatre Bras à Baisy-Thy fait des remous. Les défenseurs du patrimoine napoléoniens ne peuvent accepter que ce haut-lieu de la Bataille de Waterloo disparaisse. Après quelques semaines de réflexion, ils ont décider d’écrire aux ministres concernés par le projet.


De nombreux amateurs comptent passer par la Ferme des Quatre Bras lors du Bicentenaire.

Da.C.

De nombreux amateurs comptent passer par la Ferme des Quatre Bras lors du Bicentenaire.

En 1815, une coalition de Britanniques, de Néerlandais, de Prussiens et d’Hanovriens était venue à bout de l’Empereur Napoléon à Waterloo. Près de 200 ans plus tard, c’est une autre forme de coalition qui se met en place. Le but ? Sauver l’un des haut-lieux de cette bataille, la Ferme des Quatre Bras à Baisy-Thy. Depuis l’annonce du permis délivré par le fonctionnaire délégué de la Région wallonne pour démolir ce bâtiment, en vue de permettre la construction d’un complexe immobilier, les défenseurs du patrimoine napoléonien cherchent le meilleur moyen de faire entendre leur voix.

«  C’est le dernier coin qui subsiste du Hameau des Quatre Bras. Les trois autres ont été détruits et, pour deux d’entre eux, on trouve désormais des bâtiments modernes à la place. Ce bâtiment est le témoin qui reste de cette bataille  », explique Dominique Timmermans, délégué pour la Belgique de l’Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens (ACMN). «  Un recours au Conseil d’État étant impossible, nous avons décidé d’alerter les ministres compétents. Nous enverrons, ainsi que nos contacts de par le monde, une lettre aux ministres Henry, responsable de l’Aménagement du Territoire, Di Antonio, responsable du Patrimoine, et Furlan, en charge du Tourisme et qui souhaite développer une « Route Napoléon » pour le Bicentenaire. Mais comme l’a dit un contact anglais, que pourrait-on voir sur cette route si l’on détruit l’un des éléments phares de la bataille  ? »

Dominique Timmermans et les membres de l’ACMN ont déjà contacté 250 personnes pour envoyer une lettre aux ministres. «  Cela fait boule de neige vu que chacun transfère à d’autres personnes ou alors ça se transmet via les forum et les réseaux sociaux. Beaucoup de contacts britanniques s’inquiètent de ce projet. Pour eux, ce lieu et cette bataille sont très emblématiques. Raison pour laquelle nous avons également établi une « lettre type » en anglais. »

Par deux fois déjà, les défenseurs du patrimoine s’étaient mobilisés contre le projet d’un complexe immobilier qui aurait impliqué la destruction du site. « En février 2011, environ 260 objections de toutes natures avaient été déposées, y compris par les riverains. »

Dominique Timmermans précise bien : «  Je ne suis pas totalement opposé à un projet de rénovation du site. Je ne comprends pas pourquoi on veut tout démolir et puis reconstruire quelque chose de semblable. Beaucoup de murs sont encore utilisables. » Et de pointer un autre problème : «  On a peu parlé de la présence vraisemblable de corps. Dans les années ‘90, on avait retrouvé deux tombes de cinq ou six soldats non loin de là. Il ne serait pas étonnant d’y en trouver d’autres... »

Davide Cacciatore

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