Ivre au volant, il a tué son fils dans un accident

Raphaël, Caroline, et leur eptite fille, au temps du bonheur. SP

Raphaël, Caroline, et leur eptite fille, au temps du bonheur. SP
    Sur les bancs du tribunal de police, un homme d'une cinquantaine d'années, un peu hagard. Sur le banc à côté, une jeune femme, en larmes. Une famille déchirée et anéantie depuis le jour où Jean-Luc a conduit ivre, et a perdu le contrôle de cette voiture, tuant son propre fils.

    Dominique lemaire

    C'était le 19 avril 2009. Raphaël, 25 ans, est mort. Son père est poursuivi d'homicide involontaire.

    Ce jour-là était et aurait dû rester une fête: la famille s'était rendue à un anniversaire à Grâce-Hollogne. C'est vers minuit que tout s'est irréversiblement écroulé. Raphaël, voyant son père ivre, a voulu l'empêcher de reprendre la route. Il a essayé de lui reprendre ses clefs, de l'empêcher de partir, sans succès. À bout d'arguments, Raphaël a décidé d'accompagner son père, et s'est installé sur le siège passager avant.

    Quelques centaines de mètres plus loin, c'est l'accident: la voiture fait plusieurs têtes à queue, percute un immeuble, puis se retrouve sur le flanc, côté passager. Raphaël est tué sur le coup. Aucun des deux n'avait mis leur ceinture. Son père est également grièvement blessé, mais se retrouve aujourd'hui poursuivi pour homicide involontaire. Depuis, on sait que Jean-Luc roulait à 90 km/h, qu'il a freiné brusquement à la vue d'un radar. Et il avait 1,44g d'alcool dans le sang.

    Lorsque le juge Baron lui demande de s'expliquer sur les faits, Jean-Luc ne dit qu'une phrase: “ Je ne me souviens plus de rien ”.

    Sur le banc adverse, il y a son ex-belle fille, Caroline, désormais veuve. “ Sa vie s'est arrêtée ce jour-là ” explique Me Henquet, son avocat. “ Son mari, par altruisme, a voulu accompagner son père, totalement ivre, et c'est lui qui a été tué."

    Elle est anéantie: “ mais j'ai ma fille à assumer, et pour mon mari, je le ferai jusqu'au bout ”.

    Mais lorsque le juge lui demande comment, à son avis, il faudrait sanctionner, elle va se montrer très pondérée: “ Moi je lui mettrais des heures de travail d'intérêt général. Au moins, il sortirait de chez lui ” dit la jeune femme.

    “ On est dans le malheur à l'état brut ” a indiqué Me Dion, à la défense de Jean-Luc. “ Mon client n'aurait pas dû boire, c'est vrai. Mais faut-il frapper plus durement quelqu'un qui est déjà à terre? Il le paie déjà au quotidien ” dit l'avocat en réclamant “ un maximum d'indulgence ” pour son client.

    Au parquet, on a requis l'application de la loi, qui prévoit un minimum de 3 mois de prison.

    Jugement fin mai.