Présidence du Conseil européen: les négociations pourraient durer toute la nuit

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    Créé par le traité de Lisbonne, le poste doit être attribué au cours d’un dîner entre les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept réunis à Bruxelles. Mais quelques heures avant l’échéance, aucun candidat, déclaré ou non, ne semblait faire l’unanimité.

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    L’enjeu est pourtant de taille. Le président stable doit «personnifier» en quelque sorte l’Europe et la représenter dans les sommets internationaux. Si le traité de Lisbonne reste flou sur ses attributions réelles, la personnalité du premier titulaire risque d’avoir une forte influence sur les contours futurs du poste. Et un mauvais choix priverait une fois de plus l’Europe de ce poids politique dont elle se réclame sur la scène internationale.

    Les candidats potentiels

    La désignation par les seuls chefs d’Etat et de gouvernement, réunis à huis clos ne fait qu’ajouter à la confusion, d’autant que très peu de candidats sont officiellement déclarés.

    Outre l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui a longtemps tenu la corde, il n’y a guère que le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le président estonien Toomas Ilves et l’ex-présidente lettone Vaira-Vike Freiberga qui aient publiquement manifesté leur intérêt.

    Une rumeur persistante affirme pourtant qu’Herman Van Rompuy, serait le candidat favori du couple franco-allemand qui joue toujours un rôle moteur dans l’Union. Les mauvaises langues affirment qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy auraient porté leur choix sur un homme qui ne leur disputerait pas le leadership européen.

    Critères

    Outre des histoires de personnes, ce sont aussi des critères plus géographiques, démographiques et politiques qui entrent en ligne de compte. Le Parlement de Strasbourg étant présidé par un Polonais, ressortissant d’un «grand» pays appartenant à l’ex-bloc de l’Est, tandis que la Commission est revenue au Portugal, «petit» pays du Sud, il serait souhaitable que la présidence du Conseil et le poste de «Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité» -qui doit également être pourvu jeudi soir- soient occupés par un pays «moyen» et un pays fondateur de l’UE.

    Equilibre droite et gauche

    Par ailleurs, les Vingt-Sept se sont mis d’accord pour confier la présidence du Conseil à une personnalité de la droite européenne et le poste de Haut représentant à une personnalité de la gauche.

    Certains sont hostiles aux candidats ayant soutenu en 2003 la guerre en Irak, ce qui est notamment le cas de Mme Freiberga, tandis que d’autres souhaitent que la fonction soit occupée par une femme...

    Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui exerce la présidence tournante de l’UE, a lui-même reconnu la difficulté de la tâche. «Nous n’avons pas la même opinion. Mais j’ai besoin de la coopération de tous mes collègues pour y arriver», a-t-il déclaré depuis Stockholm, précisant que les négociations pourraient prendre «toute la nuit».

    Et même si les 27 dirigeants arrivent à dénicher les perles rares, il restera à définir leurs attributions réelles. Le traité de Lisbonne ne supprime pas la présidence tournante. Le président stable devra donc trouver sa place entre le président de la Commission, le président tournant du Conseil et le Haut représentant, sorte de ministre des Affaires étrangères de l’Union.

    La fonction

    Elu pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois, le président stable «préside et anime les travaux du Conseil européen», indique le traité de Lisbonne, ajoutant qu’il «assure la préparation et la continuité des travaux du Conseil en coopération avec le président de la Commission» et «oeuvre pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen». Il sera donc l’hôte des sommets à Bruxelles, mais son rôle à l’étranger reste à définir.

    De son côté, le Haut représentant présidera les Conseils des ministres des Affaires étrangères. Il est également vice-président de la Commission et devra à ce titre être confirmé par le Parlement. Selon le traité de Lisbonne, il «représente l’Union européenne pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, il conduit au nom de l’Union le dialogue politique avec les tiers et exprime la position de l’Union dans les organisations internationales et au sein des conférences intergouvernementales».