Coronavirus: «Tous les critères pour déclarer une pandémie»

Marc Van Ranst
Marc Van Ranst

Marc Van Ranst, épidémiologiste responsable du laboratoire de référence belge sur le coronavirus (KULeuven), est formel chez nos confrères du Nieuwsblad et à la RTBF. Après deux décès liés au coronavirus en une seule journée en Europe (en Italie), il parle désormais de « pandémie ».

« Je pense que maintenant tous les critères pour déclarer une pandémie sont bien remplis. C’est une épidémie qui est transmissible d’homme à homme, et qui est présente pour le moment dans plusieurs pays et dans plusieurs continents. Donc on peut bien parler d’une pandémie  » dit-il. « Nous avons des infections partout dans le monde et il y a plusieurs cas qui n’ont plus de liens épidémiologiques clairs avec la source d’origine de l’infection en Chine. C’est très inquiétant. (…) Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase. Il est temps de passer à la vitesse supérieure », poursuit-il chez nos confrères flamands.

Inquiétude de l’OMS

Du côté de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on s’inquiète de la vitesse à laquelle le virus s’est propagé dans plusieurs pays du monde.

A Genève, le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a en outre tiré la sonnette d’alarme : « Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie ». Mais la « fenêtre de tir se rétrécit », a-t-il averti, déplorant le manque de soutien financier international.

L’OMS est particulièrement préoccupée par l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé ».

« Nous voyons que la situation évolue », a souligné le Dr Sylvie Briand, la directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS : « Non seulement le nombre des cas augmente mais nous voyons aussi différents modèles de transmission dans différents endroits ».

L’OMS refuse pour l’instant de parler de pandémie, mais considère qu’il y a « des épidémies différentes, montrant des phases différentes », a-t-elle expliqué.

Nombre sous-estimé

Certains experts estiment que le nombre de cas pourrait être sous estimé : une étude publiée vendredi par le centre des maladies infectieuses de l’Imperial college de Londres « estime qu’environ les deux-tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indetectés au niveau mondial, avec pour résultat potentiel des chaines multiples non détectées de transmission humaine hors de Chine ».

D’autant que malgré toutes les précautions (quarantaine, confinement, prise régulière de température.) certains peuvent passer au travers du filet. Le Japon a reconnu samedi que 23 passagers du Diamond Princess avaient pu quitter ce navire de croisière mis en quarantaine à Yokohama sans passer tous les contrôles médicaux requis.

Alors que la maladie a déjà touché quelque 77.000 personnes dans le monde, l’Italie est le premier pays européen à enregistrer des cas mortels parmi ses ressortissants : une femme de 75 ans et un retraité de 78 ans. L’épidémie a déjà fait plus de 2.200 morts.

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