Féminicide sans cadavre: le procès de Kewal Singh et de Parminder Singh Kakania, accusés de meurtre, débute lundi

Féminicide sans cadavre: le procès de Kewal Singh et de Parminder Singh Kakania, accusés de meurtre, débute lundi
Police fédérale

L’enquête au sujet du décès de Kaur Jugvinder a débuté le 4 septembre 2012 lorsque l’une de ses amies a signalé à la police sa disparition. Elle n’avait alors plus eu de ses nouvelles depuis dix jours environ.

La police a appris via ce témoin que Kaur Jugvinder avait quitté son mari depuis mars 2012 et qu’elle vivait avec leur fils dans un immeuble situé plaine de l’Aviation à Evere. La victime avait confié à diverses personnes avoir été séquestrée par son mari et la famille de celui-ci, mais qu’elle avait réussi à fuir avec son fils âgé d’un an.

Après cette séparation, la victime a déposé plainte pour des menaces émanant de son époux par des personnes interposées, mais aussi pour harcèlement, car l’entourage de son mari venait régulièrement tambouriner sur le volet de son appartement.

La police a recueilli d’autres éléments via l’avocat qui défendait les intérêts de la victime dans la procédure de séparation. Selon celui-ci, plusieurs audiences concernant la garde alternée de l’enfant du couple, devant la justice de paix, ont été très tendues, notamment parce que Kewal Singh s’y rendait accompagné de deux ou trois autres hommes qui se montraient virulents à l’égard de Kaur Jugvinder.

L’enquête n’a jusqu’à aujourd’hui pas permis de retrouver le cadavre de Kaur Jugvinder, mais le ministère public estime qu’il y a suffisamment d’éléments, notamment grâce à la téléphonie, pour penser que Kewal Singh a tué sa femme, avec l’aide de Parminder Singh Kakania, qui travaillait pour lui dans l’un de ses «nightshops» et «phone shops».

Parminder Singh Kakania a notamment déclaré qu’il avait accompagné son patron le 26 août 2012 au domicile de la victime. Kewal Singh devait aller chercher son fils. Lorsque ce dernier est revenu vers la voiture, Kaur Jugvinder était avec lui et est aussi montée à bord, selon lui. Ils sont ensuite tous revenus vers le domicile de Kewal Singh, place Liedts à Schaerbeek. C’est la dernière fois qu’il a vu la victime, a-t-il affirmé.

Parminder Singh Kakania a également déclaré que son patron lui avait demandé d’emporter le GSM de son épouse et d’aller le déposer, en prenant le TGV à Bruxelles, dans une cabine téléphonique à Paris. Ce qu’il a fait.

Cet accusé a encore raconté au cours de ses auditions que Jasvir Singh ainsi que le frère de Kewal Singh, Bakhtaur, sont impliqués dans la disparition de la victime.

Jasvir Singh a été inculpé lui aussi par la juge d’instruction en janvier 2016 mais relaxé moins d’un mois plus tard. Quant à Bakhtaur Singh, il a été interrogé en 2013, mais n’a pu être ré-interrogé ensuite étant donné qu’il a quitté la Belgique.

Kewal Singh, lui, conteste toute implication dans la disparition et le décès de son épouse.

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